HENRY PURCELL : FANTAZIAS (1680)

On imagine Charles II disant, à l’écoute de ces Fantazias & In Nomines de Henry Purcell (1680) qu’il ne supportait guère « la musique dans laquelle on ne peut battre la mesure » et qu’il aurait préféré écouter les mouvements de danse joués par ses Vingt-quatre Violons.  Purcell, de son côté, ne se prive pas d’avertir son royal mécène dans une de ses dédicaces : « il est temps désormais qu’ils [les Anglais] se détournent de la légèreté et de la superficialité de nos voisins [les Français] ». Contrairement à ses prédécesseurs anglais comme Byrd qui emploie la fausse-relation mi contre fa dans un équilibre parfait, Purcell utilise volontairement ce dispositif pour exprimer un univers déchiré et torturé. On pourrait très bien parler ici de maniérisme et de décadence, mais avant tout, c’est le génie de Purcell, son expressivité hors du commun au sein d’une écriture contrapuntique, qui nous emporte.  Les utilisations techniques du contrepoint tels que le traitement en mouvement contraire et le sujet en augmentation sont abondantes et nous font forcément penser à l’autre pierre angulaire importante dans l’histoire de la musique, l’Art de la Fugue de J.S. Bach. La différence se trouve peut-être dans leur source d’inspiration. Bach, à la fin de sa vie, nous montre avec l’Art de la Fugue sa grande maîtrise spirituelle et son amour éternel envers le Créateur. Purcell, quant à lui, puise son inspiration dans le duende. Laissons l’écrivain Garcia Lorca définir ce démon domestique chers aux Espagnols : « Pour chercher le duende, il n’existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu’il brûle le sang comme une pommade d’éclat de verre, qu’il épuise, qu’il rejette toute la douce géométrie apprise, qu’il brise les styles, qu’il s’appuie sur la douleur humaine qui n’a pas de consolation ».

PROGRAMME I

Henry Purcell (1659-1695) :   Fantazias (1680)

Fantazia I

Fantazia II

Fantazia III

Fantazia IV, June ye 10.1680

Fantazia V, June ye 11.1680

Fantazia VI, June ye 14.1680

Fantazia VII, June ye 19.1680

Fantazia VIII, June ye 22.1680

Fantazia IX, June ye 23.1680

Fantazia X, June ye 30.1680

Fantazia XI, August ye 18.1680

Fantazia XII, August ye 31.1680

PROGRAMME II

Henry Purcell (1659-1695): 4 Fantaisies pour quatre violes (1680)

Fantazia V, June ye 11.1680
Fantazia VI, June ye 14.1680
Fantazia XII, August ye 31.1680
Fantazia XI, August ye 18.1680

Caroline Marçot (1974- ) : Tratti-ritratto (Caro m’è ‘l sonno) pour
trois violes (2014)

Caro m’è ‘l sonno
E piu l’esser di Sasso
Mentre che ‘l danno e la vergogna dura
Non veder, non sentir, m’è gran ventura
Pero non mi destar, deh, parla basso

Henry Purcell (1659-1695): 5 Fantaisies pour quatre violes (1680)

Fantazia IV, June ye 10.1680
Fantazia VIII, June ye 22.1680
Fantazia VII, June ye 19.1680
Fantazia X, June ye 30.1680
Fantazia IX, June ye 23.1680